Séminaire "salariat" de l’Institut Européen du Salariat

lundi 7 février - 14:00 - En ligne -

Lors de son intervention intitulée "Métamorphoses et permanences des parcours professionnels en France (1968-2018). Pour une approche cohortale et sexuée des évolutions de l’emploi", Marion Plault (UVSQ, Printemps) présentera les résultats de sa thèse.

Discutante : Claire Vivès (Cnam-Lise / CEET)

Résumé de l’intervention de Marion Plault :

Assiste-t-on réellement à une déstabilisation fondamentale de la relation d’emploi en France depuis la fin des « trente glorieuses » ? Dans cette présentation qui s’appuie sur une thèse de sociologie soutenue en 2019 intitulée Métamorphoses et permanences des parcours professionnels en France (1968-2018). Pour une approche cohortale et sexuée des évolutions de l’emploi, nous questionnerons l’idée selon laquelle la période contemporaine se caractérise par « un bouleversement en profondeur de la condition salariale » (Castel, 2009) qui se traduirait par une transformation majeure des trajectoires professionnelles entre des générations successives de travailleur·euses. Les bases empiriques de l’idée d’inversion du progrès social en matière d’emploi seront interrogées autour de trois dimensions des parcours professionnels : l’emploi et le non-emploi, l’instabilité professionnelle et la qualification. Leurs évolutions seront appréhendées par le biais d’une approche quantitative qui articule les perspectives transversale, longitudinale, cohortale et sexuée. Les parcours professionnels de trois cohortes de travailleur·euses (1945, 1960 et 1975) seront comparés à partir de données issues des enquêtes Emploi et de l’Echantillon Démographique Permanent.

En portant une attention accrue aux effets de sexe, nous verrons que, malgré la massification du chômage, le modèle de société salariale s’est affirmé depuis la fin des « trente glorieuses » par un développement de la norme d’emploi au sein du salariat féminin. Nous remettrons ensuite en question l’idée d’une explosion et d’une généralisation de l’instabilité de l’emploi : bien que les emplois dérogatoires à la norme de l’emploi à durée indéterminée se soient considérablement développés au fil des cohortes, ils forment plus un nouveau mode d’entrée dans l’établissement employeur qu’une situation qui déstabilise à long terme les parcours professionnels. Enfin, nous interrogerons l’idée selon laquelle les conditions de déroulement des parcours professionnels se seraient considérablement dégradées entre les cohortes successives de travailleur·euses. L’hypothèse générale de la thèse remet donc en question l’idée d’une opposition dans les trajectoires professionnelles entre les générations du « plein-emploi » insérées dans la vie active pendant la période des « trente glorieuses » et les générations suivantes, aux parcours marqués par une dégradation généralisée des conditions d’emploi.

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